Xavier Plumas – Interview

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Xavier Plumas est programmé au premier Festival Walden (un festival en partenariat avec Microcultures) – Interview

 

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Comme beaucoup de personnes je crois, je suis plein de paradoxes : optimiste et mélancolique, j’aime les gens et la solitude, la campagne sauvage et la cité, Proust et Bukowski, le vaudou et l’athéisme, l’art brut et la peinture abstraite, les grandes brunes et les petites blondes… ou l’inverse.

 

Tu es programmé au 1er Festival Walden avec Microcultures. Tu connaissais déjà Nesles ? Pourquoi as-tu accepté son invitation ?

Non, je ne le connaissais pas. C’est lui qui m’a contacté après que nous ayons rejoint Microcultures pour le financement d’un prochain album de Tue-loup.
J’ai accepté volontiers car la forme «épurée» du festival me plaît.
J’aime bien jouer en solo, c’est une prise de risque supplémentaire, mais très excitante.

Peux-tu te présenter rapidement, comment te définirais-tu en quelques mots ?

Question difficile… Comme beaucoup de personnes je crois, je suis plein de paradoxes : optimiste et mélancolique, j’aime les gens et la solitude, la campagne sauvage et la cité, Proust et Bukowski, le vaudou et l’athéisme, l’art brut et la peinture abstraite, les grandes brunes et les petites blondes… ou l’inverse.

Tu voulais faire quoi quand tu étais petit ? Tu t’imaginais devenir musicien ?

Je voulais être archéologue, puis ensuite ethnologue pour partir vivre chez les pygmées ou les aborigènes. L’idée d’être musicien m’est venue vers 16-17 ans.

Quand as-tu commencé la musique ? Quel était ton premier instrument ? La guitare ?

J’ai commencé la guitare vers 14 ans, entre autre pour draguer les filles pendant les colonies de vacances.

Quels sont les groupes que tu affectionnes actuellement et ceux qui t’ont marqué quand tu étais adolescent ?

Neil Young, Leonard Cohen, Mark Eitzel, Le Creedence, Nino Ferrer, les Clash, Marvin Gaye, Barbara, Robert Wyatt… quand j’étais ado.
En ce moment j’écoute Angélique Ionatos, Laurent Rochelle, Steve Gunn, Alabama Shakes… mais ça change souvent.
Mark Hollis (Talk Talk) et Tim Buckley sont pour moi des monuments.

Tu peux nous parler de ton parcours musical depuis le groupe Tue-loup et nous raconter ce qui t’a amené à ton projet solo ?

J’ai sorti mon premier album solo (la gueule du cougouar) à la demande d’un ami qui a l’habitude d’entendre les morceaux que je compose pour Tue-loup en version guitare-voix, à leur naissance. Je continue depuis car j’y trouve une certaine liberté, la possibilité d’aller frotter mes chansons à d’autres sensibilités musicales, de leurs secouer un peu les puces.

Pourquoi avoir choisi d’utiliser le crowdfunding et pourquoi Microcultures ?

Etant totalement indépendant, le principal problème dans mon travail reste l’argent, comme pour beaucoup d’entre nous. Je trouve que le crowdfunding est une alternative efficace, et surtout joyeuse. C’est très enthousiasmant de se sentir soutenu par tous ces gens, pour la plupart modestes, mais sans qui la culture n’existerait pas. C’est une forme de témoignage qui donne du baume au cœur.
Microcultures parce que Margot Beck, qui y travaille, est venue liker mon facebook.

 

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 Mon prochain album solo est en cours de mixage, et son fil conducteur sera le même que sur la plupart de mes disques : l’amour, le corps, l’être au monde, sans doute sensuel et érotique, car le monde est plus beau comme ça.

 

Ton deuxième album solo Le cabinet vaudou des curiosités d’Adèle, paru en 2014, propose une grande diversité musicale à dominante sensuelle et érotique. Tue-loup va sortir un nouvel opus inédit, Total Musette, de reprises de belles chansons populaires comme Trois petites notes de musique, La foule… Penses-tu déjà à un prochain disque sous ton nom ? Si oui, s’agira-t-il plutôt, comme dans le dernier, d’une compilation de titres de styles variés ou y aura-t-il un fil conducteur, un concept ?

Mon prochain album solo est en cours de mixage, et son fil conducteur sera le même que sur la plupart de mes disques : l’amour, le corps, l’être au monde, sans doute sensuel et érotique, car le monde est plus beau comme ça.

Le Festival Walden présente des artistes qui chantent en français. Pourquoi choisis-tu d’écrire la plupart de tes textes dans la langue de Molière ? Est-ce un combat pour toi que de ferrailler avec cette langue qui est sauvage, difficile à dominer ? Est-ce un acte de résistance dans la mondialisation actuelle où la tendance est de chanter en anglais ?

Le français est ma langue natale, et donc en tant que matériau artistique, celle que je maîtrise le mieux pour tenter d’exprimer quelque chose. La langue est aussi le reflet d’une culture, elle conditionne et exprime un rapport au monde. Je trouve dommage qu’une seule, l’anglais, domine toutes les autres. On manque cruellement de turc, de portugais, d’allemand ou d’islandais… dans l’expression de la culture populaire. Les Allemands par exemple ont un soleil féminin et une lune masculine, ils ne voient donc pas les choses comme les français. Tout ça mériterait d’être un peu plus partagé, on n’en serait que plus riche.

Quel titre as-tu choisi pour la compilation du Festival Walden ? Pourquoi ?

J’habite un incendie. J’aime bien le clip qu’on en a fait, même si je doute de la pertinence des clips en général. J’adore le jeu de batterie de Thomas Belhom sur ce morceau. J’adore les disques de Thomas Belhom.

Tu es aussi auteur. Y a-t-il une complémentarité entre la littérature et l’écriture de chansons ?

Je ne suis pas vraiment auteur, j’ai écrit un tout petit livre qui parle de mon boulot. Cependant je lis beaucoup, et ça influe certainement sur l’écriture de mes chansons.

Ton plus beau souvenir musical sur Paris ?

Une joueuse de violon japonaise dans le métro.

Quels sont tes projets dans les mois qui viennent ?

La sortie du prochain Tue-loup. Finir le mixage de mon album solo.
L’aller-retour Concarneau – l’île de Batz en vélo avec ma famille.

Quelle est ton étoile ? Qu’est-ce qui te guide ?

Le sourire approbateur d’une sirène quand elle écoute ma chanson.

Merci Xavier !

 

 

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