Teleferik – Lune Electric

Teleferic - Lune Electric - groupe parisien underground indie-rock

Teleferik – Lune Electric

Teleferic - Lune Electric - groupe parisien underground indie-rock

Madame de Paris l’avait pourtant dit : «Ici pas de posture et pas de groupes français qui chantent en anglais en singeant dans des clichés mièvres des groupes anglo-saxons au style politiquement correct…» (ouf ! c’est long!) ajoutant à cette règle une exception : «Sauf si ça a des couilles !». Enfin… Non ! Elle n’a pas dû dire cela comme ça… Mais c’est ce qu’elle voulait dire ! Et puis un jour je tombe sur le premier album du groupe parisien Teleferik «Lune electric» mené par la voix soul d’Eliz Murad et la guitare au vitriol d’Arno Vincendo.

J’ai toujours eu une appréhension à monter dans ce genre d’engin, préférant l’escalade ou la marche à pieds, mais, une fois installé, je comprends immédiatement que le paysage va être superbe et qu’on a affaire ici à l’exception visée plus haut et vers laquelle nous emmène le Teleferik en question. L’instrumental d’ouverture, «Beaumont», donne le ton et dévoile une vraie liberté avec un son brutal non formaté. Ici on ne cherche pas à plaire ou à caresser l’oreille ou la barbe d’un hipster, on joue tout simplement.

Dès les premiers accords de «Behlam Fik», le Teleferik passe au-dessus des crêtes sculptées par la Telecaster sous tension d ‘Arno et sur lesquelles se projette l’ombre du trio Cactus formé par Tim Bogert, Carmine Appice et Jeff Beck en 1969. Impression renouvelée avec «Hero» et «Milk Shake». Parfois, dans la vallée, on croit deviner un reflet du Jefferson Airplane. Comme un petit lac étincelant, «Bombs and Rockets» nous rappelle un peu Grace Slick dans ce jeu du demi ton qu’est «White Rabbits» et «Mystic Machine» (chanté en français, Madame de Paris !) nous fait surplomber des reliefs psychés chers à nos Californiens…

Mais la chanteuse franco libanaise Eliz Murad n’est pas là pour faire genre, et si elle assure merveilleusement son rôle de chanteuse de sa voix sensuelle, puissante et soul qui la caractérise, elle assure également magnifiquement à la basse et Jean-Jacques Burnel serait lui-même impressionné.
Notons au passage l’excellent titre «Behlam Fik» chanté en arabe et à l’écoute duquel les intégristes, avant de se transformer en singes, s’arracheront la barbe à l’idée qu’il existe des femmes libres qui chantent du rock n roll.
Accompagnés par l’excellent batteur Olivier Hurtu (Jesus Volt), Eliz Murad et Arno Vincendo forment un trio au style sobre et sincère qui nous livre avec ce premier album 10 titres élégants dans des formats courts avec des mélodies efficaces et des guitares tranchantes, le tout emballé dans une production au son brut et venimeux.

Enfant je me suis toujours demandé quelle était la différence entre une télécabine et un téléphérique. Cette chronique m’aura permis de répondre à la question. La télécabine est disposée sur un câble unique à la fois porteur et tracteur alors que le téléphérique dispose de câbles porteur et tracteur séparés… Une évidence quand on écoute le groupe qui a plus d’un câble à son Teleferik et qui à défaut d’atteindre la lune atteindra certainement des sommets. C’est ce qu’on lui souhaite.

par Stephen Morelli

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Teleferik

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1 commentaire sur “Teleferik – Lune Electric

  1. S \ FLY HIGHER IN SILENCE MAKES FARTHER\ Production Diafvine Director by Rei Visual Director by Sungjin Park Player Ryoo Seung Bum Music by Teleferik DIAFVINE. Of Lebanese origin Eliz Mourad started to sing by listening to soul and rock music while growing up in France.

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