Rien à dire, Jérémie Bossone

Jérémie Bossone Pochette du 1er EP
Jérémie Bossone Pochette du 1er EP

Rien à dire, Jérémie Bossone

C’est moi-là sirotant mon vin Tombé de Zénith en navire Moi qui me prétends écrivain
Hé bien ce soir j’ai rien à dire
Je jette une pièce à la patronne
Et puis j’attrape ma veste en cuir
Un client fait « Bonne nuit Bossone »
Je lui réponds rien j’ai rien à dire
Et je dérive sur les trottoirs
Les réverbères ont d’affreux rires
C’est fou ce que la nuit devient noire
Putain quand on n’a rien à dire
Ce n’est pas à coups de silence
Que l’on se bâtit son empire
Tels sont les mots de ma conscience
Elle parle et moi j’ai rien à dire
Comme un violeur prend position
Je sors mon stylo pour écrire
Mais on ne viole pas l’inspiration
Non rien à faire j’ai rien à dire Les rues défilent et j’accélère
Je songe à me reconvertir
C’est navrant mais de quoi j’ai l’air
Moi l’auteur qui n’a rien à dire
Et j’entends les étoiles qui causent
La poésie doit me maudire
Tant de sujets de nobles causes
Et moi moi qui n’ai rien à dire
Je croise des feux, des Mac Donald
Cette nuit va-t-elle enfin finir
Et je songe à Scott Fitzgerald
Bordel pourquoi j’ai rien à dire
Et je cours à travers la ville
Je cours je cours pour m’étourdir
Pour oublier l’état servile
De celui qui n’a rien à dire
Oui je cours à travers la ville
Je cours je cours pour m’engloutir
Qu’elles sont cruelles et qu’elles sont viles
Ces nuits où l’on n’a rien à dire
Ces nuits où l’on n’a rien à dire

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