Nicolas Paugam – Interview

Nicolas Paugam joue dans le cadre du Festival Walden – Interview

 

© Nelly Dvorak

J’entretiens une relation de confiance avec le boss du label Microcultures, ce qui me permet de sortir mes disques quand je veux avec de petits moyens et comme je suis assez productif, ça me va !

 

Tu es programmé au 1er «Festival Walden avec Microcultures». Pourquoi as-tu accepté l’invitation de Nesles ?
Nicolas Paugam : J’aime tout dans ce projet.

Peux-tu te présenter rapidement, comment te définirais-tu en quelques mots ?
UN oiseau migrateur.

Tu voulais faire quoi quand tu étais petit ? Tu t’imaginais devenir musicien ?
Non, j’étais plutôt champion de ski .

Tu as commencé la guitare à 19 ans. S’agit-il de tes débuts dans la musique ? Quand as-tu commencé à composer ?
J’ai commencé à jouer d’un instrument à 19 ans et composé vers 20, arrêté à 26, repris à 34…

Quels sont les groupes que tu affectionnes actuellement et ceux qui t’ont marqué quand tu étais adolescent ?
Pavement, The la’s, Robert Wyatt, The strokes, the Beatles, the Kinks, The Zombies, Noir désir, Tom Zé, Jorge Ben, Léo Ferré, Brassens, Claire Diterzi, Dick Annegarn, Camille, Milton Nascimento, Jorge Ben, The Pales Fountains, Da Capo, Love, Talk Talk, Depeche mode, The Clash, The Stooges, Make Up, Bob Dylan, Neil Young, Tim Hardin, Buckley père et fils… il y en a tant… Django Reinhardt et le Hot Club de France, Sun Ra.

Tu peux nous parler de ton parcours musical, dans les formations Da Capo et Les Frères Paugam à Meustaches ainsi qu’en tant que musicien jazz, et nous raconter ce qui t’a amené à ton projet solo ?
D’abord le rock et la pop avec Da Capo puis le jazz avec les Meustaches, ensuite j’ai pu développer mon écriture grâce à ces expériences. J’avais besoin de mieux entendre et le jazz est un bon exercice pour l’oreille.

La Souterraine t’a proposé de faire une compilation de certains de tes titres : «Aqua Mostlae», chroniquée par Télérama et qui a même obtenu 4 clefs ! Que penses-tu de la scène française indé actuelle et de ces nouvelles structures solidaires dont l’ambition est d’aider les artistes hors circuit en leur donnant une certaine présence médiatique ?
Ça a été un bon coup de pouce au départ mais ça n’a rien avoir avec un vrai label (du moins celui que j’ai bien connu, Lithium Records).  Il vous reste presque tout à faire, la com, les clips, les enregistrements,  la distribution, chercher les subventions, le booking, les affiches… un boulot colossal !  Donc c’est à double tranchant . Attention de ne pas s’échauffer  trop vite au risque d’imploser… Il faut être très patient et surtout continuer à créer car c’est ça qui fait vraiment du bien !… et ça vous sauvera du désastre car les temps sont très durs pour les musiciens !

Ton nouvel album «Boustrophédon» doit sortir fin août. Pourquoi as-tu choisi d’utiliser le crowdfunding et pourquoi Microcultures ?
J’ai déjà fait un disque de cette manière avec Microcultures. J’entretiens une relation de confiance avec le boss du label, ce qui me permet de sortir mes disques quand je veux avec de petits moyens et comme je suis assez productif, ça me va ! Le crowfunding est aussi une pré-com fort intéressante.

© Nicolas Paugam

Boustrophédon est sensiblement plus pop et j’ai arrondi un peu les angles avec l’ajout d’un chanteur oiseau Yannick Boudruche (qui est aussi un excellent compositeur qui vient  de signer le titre Fontaine de Lait de Camille) et d’une choriste de talent Nelly Dvorak .

 

«Boustrophédon» est écrit dans la même veine exploratrice, décalée et libre que les deux précédents : «Mon agitation» et «Aqua Mostlae» ? Et ta musique est-elle toujours sous influence brésilienne ? Quelles ont été tes motivations pour composer ce nouvel LP ?
Je ne me trouve pas décalé, c’est les autres qui le sont ! Boustrophédon est sensiblement plus pop et j’ai arrondi un peu les angles avec l’ajout d’un chanteur oiseau Yannick Boudruche (qui est aussi un excellent compositeur qui vient  de signer le titre Fontaine de Lait de Camille) et d’une choriste de talent Nelly Dvorak .
Ma motivation ? Pouvoir partir en tournée un jour. C’est mon rêve  depuis longtemps… arriver dans une ville que l’on ne connaît pas, jouer et traîner dans les bistrots et les caves, chanter, s’enivrer, jouer encore…

Le Festival Walden présente des artistes francophones et qui chantent en français. Pourquoi choisis-tu d’écrire tes textes dans la langue de Molière ? Est-ce un combat pour toi que de ferrailler avec cette langue qui est sauvage, difficile à dominer ? Est-ce un acte de résistance dans la mondialisation actuelle où la tendance est de chanter en anglais ?
Non, je pense que le français n’a juste rien à envier à l’anglais. Il n’y a qu’à écouter Bashung pour s’en convaincre, c’est magnifique. J’aime l’argot d’une langue, les jeux de mots, les contrepets et autres palindromes, donc il faut bien maîtriser ! Malaxe le thorax, malaxe le cœur de l’automate… Je crois sérieusement au tube international en français… Daniel Balavoine en était tout proche.

Quel titre as-tu choisi pour la compilation du Festival Walden ? Pourquoi ?
Le dortoir du Bon Dieu parce que c’est une de mes chansons préférées du dernier album et qu’elle m’enverra peut-être en tournée…

Tu fais des collages/dessins, tu réalises toi-même tes clips «faits maison». Si tu devais citer un cinéaste, un plasticien et/ou un peintre ?
Serge Paradjanov et son chef d’oeuvre Sayat Nova pour le cinéma, Max Ernst pour le plasticien et Pierre Bonnard pour la peinture.

Quels sont tes projets musicaux et/ou artistiques ?
Un disque de rock entre pavement et Noir Désir.

Quelle est ton étoile ? Qu’est-ce qui te guide ?
Les natures sauvages.

Merci Nicolas !

 

 
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